Propriété, état et faire valoir des pêcheries à poissons à Angoulins et Châtelaillon au XVIIIe siècle


Bourgne : s. f. Nasse, instrument en jonc clissé, dont on se sert pour la pêche en mer ; On donne aussi ce nom à des pêcheries en mer : elles sont généralement formées de deux murs en forme de côtés de triangles et dont la pointe se trouve à l’opposé du rivage ; à cette pointe, on place une bourgne en osier destinée à recevoir le poisson qui, à marée descendante se trouve pris entre les deux murs de l’écluse et cherche à gagner la haute mer par l’ouverture où l’on a placé la bourgne ou nasse.

C’est ainsi que l’érudit rochelais Georges Musset[1] nous explique dans son Glossaire des patois et des parlers de l’Aunis et de la Saintonge qu’une bourgne peut être l’appellation de la claie ou bien du parc de pierres qui servaient à la pêche sur notre littoral.
Dès le XVe siècle, c’est à cette sorte d’écluse que se rapporte un certain nombre de textes du Terrier de Châtelaillon, où il est question de droits sur des bourgnes placées sur notre littoral, à Angoulins, La Ferté, Sècheboue, Saint-Jean-du-Sable[2]Au XVIIIe siècle, les archives de l’Amirauté nous permettent de faire un véritable état des lieux des structures encore existantes : nous avons en effet pu dénicher neuf documents d’inventaires qui, recoupés patiemment, nous ont permis de structurer une liste des écluses à poissons d’Angoulins et de Châtelaillon subsistant alors. Complétée, par un premier apport d’une quarantaine d’actes notariés, notre énumération produit un ensemble de douze pêcheries documentées.


Les documents étudiés pour établir la liste des pêcheries

1.  L’inspection de François Lemasson du Parc (1727)

Dans le second quart du XVIIIe siècle, François Le Masson du Parc, inspecteur général des pêches du poisson de mer, fut envoyé par ordre du Roi sur tout le littoral atlantique afin de comprendre les problématiques inhérentes à l’exploitation des ressources halieutiques.
Le manuscrit de son inspection “paroisse après paroisse” est un document tout à fait exceptionnel. L’ensemble des procès-verbaux concernant la pêche maritime sur les côtes du ressort des amirautés de Marennes, La Rochelle et des Sables d’Olonne a été publié en septembre 2007 par Denis Lieppe, chercheur titulaire à la Sorbonne sous le titre «Pêches et pêcheurs du domaine maritime et des îles adjacentes de Saintonge, d’Aunis et du Poitou, du nord de Bordeaux au sud de Nantes, au XVIIIe siècle». Nous avons pu modestement collaborer à cet ouvrage pour les notes relatives à Angoulins et Châtelaillon. Dans les archives, nous retrouvons les travaux de François Le Masson du Parc parmi les collections des archives centrales anciennes de la Marine déposées aux Centre Historique des Archives Nationales à Paris, précisément aux pièces 18 à 24 de la série C5. Comme le remarque Denis Lieppe, ces procès-verbaux de visite sont non seulement un inventaire mais également une description sans équivalent des engins, outils et techniques de pêche.  Les trois folios concernant notre histoire locale sont datés de 1727. Ils sont rares et précis et constituent le premier témoignage sur les différentes écluses d’Angoulins. A cette date, l’inspecteur des pêches en liste huit, quelques vestiges et une abandonnée dans la paroisse de Châtelaillon.

2. Les comparutions suite à l’ordonnance de la Marine de 1681 (1727)

Un document daté de la même année nous est aussi parvenu. Conservée dans les archives de l’Amirauté, une petite liasse contient en effet un  « Procès verbal des titres des écluses de Nieul, Lhoumeau, Laleu et Angoulins» [3]. Le 17 mai 1727, à l’audience de l’Amirauté de La Rochelle, nous découvrons Nicolas Regnaud, conseiller du Roi qui occupe alors la charge vacante de lieutenant, ainsi que l’avocat du Roi. Tous deux sont chargés de faire respecter les décisions de la Marine du mois d’août 1681[4]  renouvelées par celles de l’Amirauté du 30 août 1626 qui enjoignent à tous les propriétaires des écluses de l’étendue de la juridiction de l’Amirauté de La Rochelle de mettre à l’ouverture (du côté de la mer) de leurs parcs de pierre ou pêcheries, une grille de bois aux mailles « d’un pouce en carré de la Saint-Rémy jusqu’à Pâques et de deux pouces en carré de Pâques jusqu’à la Saint-Rémy ». Mais les propriétaires sont bien loin de se conformer à cette ordonnance[5] et tiennent tous leurs écluses fermées « avec des engins appelés bourgnes dont les mailles sont si serrées que le frai du poisson n’y peut passer ». C’est pourquoi les contrevenants sont alors assignés à comparaitre. Le 20 juin suivant c’est au tour des angoulinois les « nommés Braigneau marchand à La Rochelle, Préjan, fermier de la seigneurie d'Angoulins et à Henry Besson cabaretier d'Angoulins, le sieur Massé capitaine de navire et la veuve Billoteau pour se voir condamnés à 100 livres d'amende étant donné qu'ils ont tenu fermées les écluses dont ils sont propriétaires». Par ailleurs ils doivent aussi faire la représentation des titres en vertu desquels ils possèdent et jouissent des écluses en question. Dans le cas où les titres ne se trouveraient pas être avant l’année 1544 les propriétaires s’exposent « que les pêcheries soient démolies et rasées » à leurs frais ou à une condamnation « pour les avoir fait construire ou en avoir fait usage sans aucun titre valable » de 300 livres d’amende. Nous venons de le lire, dans ce dossier sept écluses sont alors citées sur le territoire de la paroisse d’Angoulins.

3. La liste des pêcheries de 1727 (ca 1728)

Un autre document intéressant notre sujet, nous est livré par la série C des archives départementales[6].  Il est rédigé tout de suite après l’inspection de François Lemasson du Parc et s’intitule « Etat des pêcheries éclusières situées sur les côtes des Amirautés de Marennes et La Rochelle desquelles M. Le Masson Du Parc a fournit des mémoires après la visite qu'il a fait sur les côtes en 1727 ». L’acte présente donc sans surprise une liste de huit parcs de pierre à Angoulins, des vestiges d’anciennes écluses abandonnées et une écluse en décadence à Châtelaillon.

4. La seconde liste des pêcheries de 1727 (ca 1728)

La pièce 6 de la même liasse[7] nous livre le même document que celui cité ci-dessus. A noter qu’il est faussement attribué à 1740 par les archivistes.

5. La lettre de la Marine du 14 octobre 1738

Nous avons encore pu retrouver un écrit[8] faisant suite à la visite générale sur les côtes du ressort de l’Amirauté de La Rochelle pour 1738. Si le procès verbal établit mentionne les écluses d’Angoulins, ce document semble inachevé, l’auteur écrivant « qu’il manque encore pour achever cette visite les côtes d’Angoulins, Châtelaillon, Yves et Fouras où vous ne vous êtes point transporté et où il y a des pêcheurs auxquels les petits pleins de sables qui s’y trouvent peuvent donner lieu de se servir de filets trainants et défendus. Je compte que vous comprendrez ces quatre endroits dans la seconde visite générale que vous devez faire (...) et de parler dans votre procès verbal des parcs de pierres et bouchots qui sont en grand nombre sur votre ressort et que vous auriez dû visiter pour voir s’ils sont construits conformément à l’ordonnance de 1681 (...) afin de voir s’ils sont tenus ouverts cette police étant nécessaire pour que le frai et le petit poisson ne s’arrêtent point dans ces pêcheries... »

6. L’inventaire des écluses de 1739

Un nouvel état des pêcheries à Angoulins et Châtelaillon nous est cette fois présenté sous la forme d’un tableau[9]. Ce document titré « Généralité de La Rochelle : Côtes de l'Aunis, écluses, bouchauds et pêcheries subsistantes en 1739 » rapporte l’existence de dix écluses à Angoulins et deux à Châtelaillon. Il comporte cinq colonnes qui nous permettent de mettre en relation les propriétaires de 1739 avec les précédents, et d’examiner - quand les entrées sont remplies - la nature des titres, les droits dus aux seigneurs et de prendre connaissance d’observations portées par le rédacteur. 

7. L'inspection des écluses d'Angoulins (1740)

Un an plus tard, au cours de l’été, est établi « Le procès verbal de la visite des écluses d’Angoulins et des filets des traversiers de Fouras le 17 juillet 1740 »[10]. Le lieutenant Louis Théodore Berondin, écuyer et conseiller du Roi se transporte à cheval à Angoulins avec le procureur du Roi et l’huissier Miette « pour y faire la visite des écluses ». Sur place ils « mandent le nommé Louis Gaillard, garde-côte pour nous indiquer les écluses qui sont le long de la côte du dit lieu d’Angoulins ». Dix écluses sont remarquées « qui ne nous ont point paru nuisible à la navigation attendu que la côte est plate et que la mer n’y monte pas assez haute pour y faire flotter un bâtiment ». Avant de quitter les lieux, le lieutenant enjoint « au dit Gaillard de veiller à ce que les dites écluses soient tenues par les propriétaires suivant et conformément à l’ordonnance ».

8. L’état des pêcheries de 1740

Confirmant la visite de juillet 1740, dix écluses sont examinées sur la paroisse d’Angoulins mais aussi deux sur Châtelaillon. Cette liste nous est livrée dans un « Etat des pêcheries et bouchots établis sur les côtes de la généralité de La Rochelle subsistant ou parait le nom des propriétaires anciens et actuels des dites pêcheries, les observations sur les motifs qui peuvent faire conserver ou exiger la destruction de ces pêcheries »[11]. A noter qu’aucun titre n’a été représenté par les propriétaires pour l’établissement de cet intéressant document.

9. La seconde liste des écluses à poissons de 1740

Un dernier tableau nous est parvenu, intitulé « Etat des pêcheries et bouchots établis sur les côtes de la Généralité de La Rochelle subsistant en 1740 »[12]. Il parait être réalisé suivant le document précédent, et confirme donc l’existence de dix écluses à Angoulins et deux sur le territoire de la paroisse de Châtelaillon.
Par un travail de recoupements des informations contenues dans ces neuf documents,  douze écluses différentes ont pu ainsi être identifiées et historiées à Angoulins et Châtelaillon pour la première moitié du XVIIIe siècle.
Voici à présent les différentes écluses telles que nous avons pu les observer dans ces documents dressés entre 1727 et 1740.  Nous les avons reclassées par ordre géographique, en allant du Chay jusqu’à Châtelaillon et historiées avec quelques actes notariés.

Les écluses d’Angoulins et de Châtelaillon

« Il y a à Angoulin des écluses ou parcs de pierres de la même forme que ceux que nous avons trouvé autour de l’isle d’Oléron dont quelques-unes sont abandonnées et d’autres sont louées à des pescheurs qui les font valoir et attendu que la marée étoit alors montante, nous n’avons pu nous transporter dans ces écluses. Elles ont à la passe ou à l’égout des bourgnes et bourgnons comme nous en avons vu aux autres écluses, à la différence que le bout de la tonne ou bourgne qui s’engage dans la bourolle ou le bourgnon est placé sur le terrain et tout à plat, en sorte qu’il n’en peut pas résulter le même abus qu’aux gorres ou écluses dont les tonnes et l’égout des bouteilles sont élevés de quelques pieds au-dessus du terrain, en sorte qu’il s’en trouve quelques unes qui sont souvent élevées de deux à trois pieds au moins. Ainsy tout le fray qui a entré avec la marée dans la pescherie n’en peut jamais sortir.  Comme il se trouve dans ces écluses des fosses ou claires où il reste toujours de l’eau, les pescheurs y font la pesche des chevrettes avec leurs petits treuilles. »[13].

Angoulins, écluse n°1 : La bourgne de Groin du Chay
    
La première des pêcheries d’Angoulins est celle située au large de la corne septentrionale du Chay. Selon les documents, ce parc de pierres appartient au « baron de Saint-Flève[14] », c’est à dire à Jacques Maynard, chevalier, baron de Sainte-Flaive et seigneur de la seigneurie du Pont de la Pierre.  Elle n’apparait pas dans les documents antérieurs à 1739 ainsi que l’expliquent les observations du tableau : il s’agit «d’une ancienne écluse rétablie depuis environ 3 ans et que l’on peut laisser subsister n’étant pas nuisible pour le frai du poisson »[15]. Elle doit figurer en 1728 au nombre des écluses « qui étaient autrefois sur le territoire de la dite paroisse qui ont été abandonnées et dont il ne reste que de faibles vestiges »[16]. En 1727, François Lemasson du Parc la classe d’ailleurs peut-être dans celles oubliées depuis plusieurs décennies par la relation suivante : « Il y avait encore autrefois sur cette côte diverses autres écluses qui ont été abandonnées par les propriétaires depuis plus de quarante années »[17].  Nous avons pu retrouver l’acte relatif à la remise en activité de cette pêcherie : il s’agit d’une baillette (une donation à perpétuité par un noble d’une terre à un particulier en contrepartie du paiement d’une redevance annuelle), passée le 15 novembre 1734[18] entre le seigneur du Pont de la Pierre et le saunier Simon Brisson (1678-1766). La transaction concerne « une place en la mer où anciennement il y avait une écluse ou bourgne à pêcher du poisson dépendante du dit château et seigneurie du Pont de la Pierre ». Elle est alors « entièrement ruinée et hors d’état de pouvoir servir n’y ayant que quelques vestiges des murs ou bras d’icelle qui sont tous renversés par terre, les pierres étant ci et là ». Quelques précisions nous sont apportées sur sa localisation étant située « au lieu appelé le Chay, paroisse du dit Angoulins étendue et censive de la seigneurie du Pont de la Pierre, confrontant à l’orient à la falaise de la mer, au midi au Groin du Chay et des autres parts occident et septentrion à la mer ». En contrepartie, Simon Brisson promet et s’oblige « incessamment refaire et rétablir la dite écluse ou bourgne et ensuite l’entretenir en bon état afin qu’elle soit toujours en situation de pêcher du poisson » et de payer « douze livres de cens et denier noble (...) par chacun an et encore, chaque semaine qu’on touchera à la bourgne et qu’on pêchera, une marée ou pêche telle qu’elle se trouvera dans la bourgne le jour qu’il plaira au seigneur baron et aux siens de choisir ». Cette convention passée, la propriété reste quand même au seigneur comme le montre les mentions du procès verbal et des deux états de 1740[19].

Angoulins, écluse n°2 : La bourgne de la Platerre du Chay

La deuxième pêcherie à poissons est, selon l’inspecteur du Roi en 1727, « placée sur la platerre du Ché, appartient au sieur Massé d’Angoulin, est occupée par le nommé Monnier et néanmoins tombe en décadence »[20]. Il s’agit là du capitaine de navire Jean Massé (1667-1730) ou bien de son fils du même prénom (1704-1731). Il comparait en personne[21], en juin 1727[22] devant la cour de l’Amirauté, mais, malheureusement pour le chercheur, il sollicite et obtient un délai pour faire la représentation de ses titres de propriété dont ce procès verbal ne fait alors pas mention. Ces informations sur l’écluse sont recoupées par les documents de 1728[23] et onze ans plus tard, ce sont les héritiers Massé (du père ou du fils, les deux étant déjà décédés à cette date) qui en sont toujours propriétaires. En 1739[24], la pêcherie est affermée à Jean Penard[25] et est bien en activité de pêche en 1740 aussi, puisque nous la retrouvons[26] jugée « nuisible pour le frai du poisson ». L’importance et la valeur du parc de pierre nous sont livrées quelques années plus tard, en 1753, dans un acte d’arrentement[27]. Dans ce transfert de propriété, le bourgeois rochelais François Oualle (1711-1763) - qui a acquis l’écluse le 16 mars 1752 avec d’autres domaines vendus à la barre de la cour de la sénéchaussée de La Rochelle sur les héritiers de Jean Massé[28] - concède la pêcherie à Jacques Gilbert, laboureur cabaretier et pêcheur d’Angoulins, et Suzanne Besson (1717-1780) son épouse, sous la réserve d’une rente foncière annuelle[29] de 30 livres. Le contrat nous renseigne aussi sur le cens auquel la pêcherie est sujette : 15 sols et un plat de poisson dus annuellement envers les religieux Minimes de Saint-Gilles de Surgères[30] de qui elle relève et payable à la Saint-Michel. Enfin, le bail à rente nous livre un complément d’informations sur l’emplacement de la bourgne qui est « située au Chay, en la mer, confrontant de l’orient à la falaise de la mer et de toutes les autres parts à la mer ».

Angoulins, écluse n°3 : La bourgne du Chirat

Ce parc à poissons est placé « au S.S.O. de la précédente écluse »[31] et  appartient, en 1727, « au sieur Desmoulins, conseiller à La Rochelle, et est occupé par le nommé Gigot »[32]. Nous donnant plus de précisions sur sa localisation, un intéressant titre nouvel de 1752[33], nous apprend qu’elle est située « le long de la côte de la mer proche le fief du Grand Chirat » et est confrontée ainsi : « du côté de l’orient au bouchaud de la seigneurie d’Angoulins, d’autre côté vers l’occident à une autre écluse appartenant aux sieurs et demoiselles Gerbier, une passée entre deux, d’un bout vers le midi à la mer et d’autre bout vers le septentrion à la côte »[34].
Le bailleur « Desmoulins » (cité en 1727 ainsi que sur les listes de sur les listes de 1728[35] ) est en fait Michel Desmarines ( ?-1752), conseiller du Roi en la sénéchaussée et siège présidial de La Rochelle, plus justement désigné comme « Desmarines » sur les documents de 1740[36]. Le preneur « Gigot », cité en 1727 est remplacé en 1740 par André Besson (1700-1752). L’écluse est la propriété de la famille Desmarines depuis 1673 acquise[37] avec d’autres biens sur la famille Chezier. Un titre nouvel[38] est passé par la veuve d’Antoine Desmarines, Louise Cuirblanc le 29 mai 1705, avec une rente de quatre livres reconnue au profit de Marie Merisson veuve de François Béraud père. Les confrontations de l’acte ne nous apprennent rien de plus.
En 1731, lors du règlement de la succession du couple Desmarines, leur fils Michel fait établir le procès verbal[39] des domaines mais l’acte ne concerne que la maison et borderie, l’écluse, elle, n’est pas visitée. De même, nous ne retrouvons trace de la pêcherie l’année suivante alors qu’une antipoque est passée pour reconnaitre la rente foncière sur une partie des domaines[40]. Toujours est-il que la pêcherie est encore la propriété de Michel Desmarines jusqu’en 1752 date de son trépas. Ce sont ensuite les enfants Gerbier[41], seuls héritiers de leur grand-oncle maternel, qui reconnaissent alors être possesseurs de l’écluse toujours grevée d’une rente foncière annuelle de 4 livres envers  François Béraud fils[42]. Détail intéressant : dans les confrontations du titre nouvel de 1705[43] et dans celui de 1752[44], une autre écluse appartenant aux Desmarines/Gerbier se tient « à l’occident », ce qui nous laisse supposer qu’il s’agit là d’une écluse à parc double, cédée comme telle par la suite.
Les héritiers Gerbier, aussitôt après la succession le 6 juillet 1752, cèdent à titre de bail à ferme[45] pour cinq ans à Mathurin Girard et sa femme Marguerite Cholet les domaines et héritages de Michel Desmarines dont une « écluse au bord de mer » (sans plus de renseignements). Quatre ans plus tard, le 14 août 1756, Marguerite Cholet devient veuve mais elle reconduit pour cinq ans encore la ferme[46]. Un événement met fin prématurément à ce contrat puisqu’un nouveau bail[47] (de la même teneur) est accordé à Jean et Jean Jacques Renaudeau pour sept années, le 17 mars 1759[48]. Parmi les biens loués, il est bien question de l’écluse, toutefois l’acte nous apprend que les frères Renaudeau tenaient déjà l’écluse « à titre de sous-ferme verbale de la veuve Girard ». A l’issue du bail, le 7 novembre 1766, la famille Gerbier arrente[49] les biens de la succession de Michel Desmarines à Jean Renaudeau (1727-1774) et Marguerite Benoit (1717-1787) son épouse. L’écluse figure bel et bien dans la cession, désignée en ces termes : « et enfin, une écluse ou pêcherie située à la mer au-devant le fief du Grand Chirat en la paroisse d’Angoulins. ». Quelques années plus tard, François Guerry le gendre de feu Jean Renaudeau, met en ferme[50] la bourgne le 7 mars 1783. La durée du bail est fixée à cinq ans, moyennant 30 livres annuelles. Le preneur est Jacques Guichard un pêcheur du bourg d’Angoulins. Les conditions sont détaillées : « une écluse ou pêcherie avec sa conche, leurs bras, deux bourgnes avec chacune leurs bourgnons sise à la mer près le fief des Chirats ». Le bailleur se réserve « deux marées par mois, l’une au plein, l’autre au renouveau, à la marée du jour seulement, lesquels jours il jugera à propos, à cet effet, il sera tenu d’avertir ou de faire avertir le preneur les jours qu’ils voudra y aller et sera tenu le preneur de prêter au dit Guerry bailleur le seineau que ce dernier lui a ce jourd’hui fait présent pour seiner dans la conche de la dite écluse ou pêcherie, estimant les parties chaque marée à dix sols (...) et sera tenu le preneur de laisser à la fin du présent bail la dite écluse ou pêcherie dans le même état qu’elle est étant en bon état avec deux bourgnes seulement attendu que le preneur s’oblige de payer au bailleur les deux bourgnons ».

 Angoulins, écluse n°4

L’inspection de 1727 nous précise l’existence d’une pêcherie de pierres sèches qui  « joignant la précédente, appartient à la dame Belletote et est occupée présentement par le nommé Simon Brisson »[51]. Cette « dame Belletote » est improprement désignée par François Lemasson du Parc, tout comme se trompent aussi les rédacteurs des listes de 1728[52] en l’appelant « dame Belletot » : Il s’agit en réalité de Suzanne Augizeau, veuve du capitaine de navire Jacques « Billoteau ». L’erreur peut aussi être corrigée à la lecture du procès verbal[53] de juin 1727. Dans ce document, elle présente à l’audience de la cour de l’Amirauté de La Rochelle les seuls titres qu’elle possède et justifiant de l’origine de propriété de l’écluse. Nous apprenons, de ce fait, que l’écluse existe depuis au moins 1670[54] année où elle fut vendue 250 livres (plus 20 livres de pot de vin) par le seigneur des Tourettes et sa femme à Jean Nezereau, puis, que la pêcherie passe à la famille Billoteau « pour l’avoir acquise avec d’autres domaines de la veuve Jullien qui la tenait du dit Nezereau »[55].
Nous avons souhaité retrouver ces différentes mutations de propriété puis continuer à suivre les translations de la pêcherie sur tout le XVIIIe siècle. De la sorte, nous avons pu illustrer, certes par un exemple plutôt tourmenté, la filiation foncière d’une pêcherie sur un siècle : Rattachée aux domaines dépendant de la borderie Nezereau en 1670, l’écluse est donc cédée par la suite avec la maison et d’autres biens en 1688 lors de la vente à la famille Delafond-Jullien-Drugeon. Un procès verbal de visite est d’ailleurs établit à cette occasion. En 1724, les héritiers Drugeon alliés aux Jullien passent un acte de partage[56] daté du 12 avril 1724. Le lot comprenant la bourgne est revendu[57] un mois plus tard, le 14 mai à Jacques Billoteau et sa femme Suzanne Augizeau et suite à la vente, le 17 mai suivant, un nouveau procès verbal[58] est réalisé. La pêcherie suit toujours le destin de la borderie quand celle-ci est arrentée[59] par la veuve Billoteau le 18 juillet 1743. C’est Charles Maccarthy et sa femme Angélique Guillemin qui en deviennent alors les propriétaires. L’écluse est affermée[60] avec la maison et les autres biens en 1768 à François Marchesseau. En 1770, lors d’une procédure d’exponsion[61], la veuve Maccarthy abandonne la borderie chargée de la rente foncière et en fait remise aux héritiers Billoteau. Notons que l’ensemble des héritages fait de nouveau l’objet d’un procès verbal[62] dressé moins d’un mois plus tard. L’écluse réapparait encore lorsque la famille Billoteau cède[63] la propriété à François Détriche le 14 avril 1772.
Quelques uns de ces actes (le partage puis la vente de 1724 et l’arrentement de 1743) nous donnent, dans de mêmes termes, des précisions géographiques supplémentaires sur cette « une écluse ou bourgne à pêcherie » qui est située « à la mer, côte du dit Angoulins, confrontant du côté vers l’orient à celle de la seigneurie de Jousseran, d’autre côté vers l’occident à la côte, du midi à la mer et du septentrion à la falaise »[64]. Remarquons que le cens noble[65] dont l’écluse est chargée est assez singulier : il s’agit d’une livre de cire (estimée 20 sols) « due annuellement à la seigneurie d’Angoulins au terme accoutumé ». L’exponsion de 1770 et la vente de 1772 donnent, toutes les deux de la même façon, des confrontations un peu différentes des précédentes : « plus une écluse et bourgne située à la côte du dit Angoulins confrontant de l’occident septentrion et orient à l’écluse de la seigneurie et du midi à la mer »[66].
La visite de la borderie et des domaines de 1724 dresse pour sa part un bref état des lieux de la pêcherie acquise : le notaire et les experts se transportant « sur une écluse ou bourgne propre à pêcher poissons et autres qui est à la mer où il a été remarqué que ses murs à pierres sèches ont besoin d’être relevés en plusieurs endroits »[67].  Malheureusement, en 1770, le procès verbal ne concerne que la maison et nous n’apprenons rien sur l’état de la bourgne.
Au hasard de nos dépouillements d’archives, nous avons aussi pu documenter les termes des amodiations de cette pêcherie. Trois fermes successives nous sont ainsi connues : La première, du 13 avril 1698[68] est passée en faveur de deux angoulinois : le laboureur François Labrousse[69] et le saunier François Suire (1665-1707). Ils s’associent afin d’exploiter ensemble « une écluse située à la mer » et dont ils sont déjà les tenanciers depuis plusieurs années (« que les preneurs ont dit bien savoir connaitre pour en avoir ci-devant jouit à pareil titre en vertu des fermes à eux faites »). Les charges et conditions méritent d’être citées : les pêcheurs devant « y faire les réparations nécessaires et par le bailleur fournissant les matériaux nécessaires rendus sur les lieux » ; « les preneurs mettront à la dite écluse pendant le dit temps une bonne bourgne neuve et icelle entretenir et la laisser en bon état ». Le bail, d’une durée de trois ans, fixe le prix de la ferme à «huit livres par chacune année » avec une clause de menus suffrages stipulant que le bailleur peut « douze fois par chaque année prendre à la dite écluse tout le poisson qui se trouvera après douze marées sans diminution du dit prix ». En marge de l’acte, dans une note datée du premier juin 1701, Lydie Drugeon veuve Jullien donne quittance aux preneurs du paiement des années de ferme. Quelques jours plus tôt, en date du 22 mai 1701, elle a repassé un nouveau contrat de louage[70]  pour son « écluse située à la mer proche le dit bourg d’Angoulins ». Dans celui-ci, la propriétaire donne jouissance du dispositif halieutique à Pierre Giraud (1645-1712), un saunier angoulinois. Ce dernier connait bien la pêcherie pour « en avoir ci-devant jouit à pareil titre du vivant de feu Pierre Delafond ». Si la durée du bail est allongée à cinq années et les conditions d’entretien sont semblables (bourgne neuve et réparations), le montant par contre est revu à la baisse : il est de la « somme de six livres pour chacune des cinq années ». En plus du prix principal du bail, la bailleuse s’accorde de nouveau sa redevance en nature : « une fois pendant le mois, tout le poisson qui se trouvera à une marée, qui est douze marées par année ». Le troisième contrat d’affermement[71] est signé le 26 février 1707 par le couple Pierre Pochon (1661-1721) saunier et Marie Sabiron (1657-1720). « La bourgne ou écluse à pêcherie » est cette fois exploitée pour quatre années. Un précédent bail oral explique ce changement de durée de cinq à quatre ans, comme il apparait dans l’acte où «le dit Pochon et sa femme ont dit bien savoir et connaitre pour en être en jouissance dès le 20 janvier de l’année dernière à pareil titre verbal ». L’acte est peut être passé par écrit afin d’imposer la fourniture d’une bourgne : « Mettront une bourgne neuve, bonne loyale, convenable et de durée à leurs frais et dépends dont ils donneront connaissance à la dite veuve Jullien avant de la y mettre et poser ; et à la fin du sus dit temps laisseront le tout ». Remarquons que le prix de la ferme est encore diminué, passant à cinq livres annuellement. Toutefois, la propriétaire maintient qu’elle pourra « lever tous les mois de l’année jusqu’à la fin du susdit temps, une pêche de marée telle qu’elle voudra choisir à sa commodité et en avertissant le jour précédent qu’elle voudra la prendre le dit Pochon et sa femme ». Un passage du contrat relatif à l’installation de la nasse ou à l’entretien des murs du parc doit être remarqué : les preneurs reconnaissant devoir à la veuve Jullien « la somme de six livres qu’elle leur prêta la dite année dernière pour leur aider à mettre la dite bourgne en état ». En l’état des recherches, nous ne savons rien des fermiers suivants. Celui de 1727-1728, Simon Brisson (1678-1766) ne l’est plus en 1739[72] et 1740[73] : les trois tableaux des archives de l’Amirauté nous livrant alors le nom d’un nommé «Déziré».

 Angoulins, écluse n°5 : La bourgne de Jousseran

A la suite, et  « joignant »[74] la précédente, vient la pêcherie dépendant de la châtellenie d’Angoulins. C’est pourquoi nous la trouvons, dans tous les documents parcourus ici, comme appartenant « au sieur Gabaret », Jules Gabaret (1666-1746) étant à cette époque le seigneur d’Angoulins. Mais depuis 1709, le patrimonial est toutefois séparé du domanial et l’on comprend alors que ce soit un fermier judiciaire - comme gérant de la terre d’Angoulins sous saisie réelle - qui vienne se présenter devant la cour de l’Amirauté en 1727[75].  C’est en effet le sieur Préjan - par Martin Lejeune son procureur - qui vient protester contre l’assignation dont il est l’objet.
En 1702, le 5 novembre, Anne Bruneau la dame d’Angoulins afferme[76] l’ensemble des domaines et de la terre d’Angoulins à Pierre Denis Soisson, un marchand rochelais. Parmi la liste des domaines loués figure la pêcherie. Quelques mois plus tard, le 24 février 1703, le preneur de la ferme de la châtellenie d’Angoulins passe un acte de sous-ferme[77] à François Suire (1665-1707) et Marie Sauzeau (1673-1726) sa femme. Nous connaissons déjà ce pêcheur qui a auparavant pris à ferme[78] l’écluse Drugeon (bourgne n°4 de notre inventaire) entre 1698-1701. Le bail de l’écluse « dépendant de la châtellenie » est ici établi pour sept années. L’installation halieutique ne semble pas avoir eu d’activité récente car l’acte précise qu’à la pêcherie « le dit Suire fera mettre une bourgne à ses frais (...) et réparera la dite écluse en état de service ». Ces travaux coûteux, véritable investissement dans l’outil de travail, appellent cette clause spéciale : « et au cas que auparavant la présente ferme expirée ou à la fin d’icelle le dit Suire et sa femme soient obligés d’abandonner la dite écluse, est convenu qu’estimation sera faite de la bourgne et apparaux d’icelle, de la valeur à eux payée par ceux qui jouiront de la dite écluse et bourgne ». L’installation de la nasse et les réparations semblent nécessiter du temps. En attestant, nous observons que le contrat est passé le 24 février mais que le paiement du prix de la ferme ne débutera que le 24 juin (« à la Saint Jean-Baptiste ») « attendu que pendant ce courant les preneurs ne retireront aucun profit de la dite pêcherie n’y ayant de bourgne prête ». Notons que pour faciliter ce report de paiement, le bailleur instaure un règlement du prix par « quarte partie (en quartiers) jusqu’à la fin de la présente ferme ». La structure est louée annuellement pour une somme de dix-livres à laquelle s’ajoute une redevance en nature de « douze marées » (c’est à dire une levée de pêche mensuelle). D’ailleurs, quelques lignes en fin de l’acte précisent les modalités de ces menus suffrages : « et pour les dites douze marées, le bailleur prendra ou enverra prendre le poisson, une fois chaque mois de chacune année lorsque bon lui semblera, de nuit ou de jour et si le bailleur serait négligeant de prendre la dite marée tous les mois comme dit il la prendra à un autre mois ».  
Toujours, concernant la mise en faire valoir, nous retrouvons dans les documents de l’Amirauté, des noms de preneurs : Simon Brisson (qui tient déjà à ferme l’écluse de la veuve Billoteau décrite ci-dessus) en 1727-1728[79], puis Michel Cardineau (1701-1743) en 1739 -1740[80]. L’écluse est à chaque fois jugée nuisible pour le frai du poisson par les inspecteurs des pêches. Trente ans plus tard, le 12 janvier 1762, un autre acte[81] retrouvé, nous renseigne sur les conditions et l’évolution du prix de la ferme. Le procureur fiscal et régisseur de la terre et châtellenie d’Angoulins, Louis Lescuyer, baille à ferme, pour trois ans, « la bourgne ou écluse à pêcher du poisson du château ou maison noble de la terre et châtellenie d’Angoulins appelée la bourgne de Jousseran » à Catherine Brisson (1705-1769) veuve d’Etienne Pinet (1702-1761). L’acte semble évoquer quelques réparations à effectuer au système de pêche (« en l’état qu’elle est présentement », « la mettre en état de pêcher du poisson »). Le prix de la ferme est fixé annuellement à seize livres en argent et « un plat de poisson tous les mois de chaque année tel qu’il se pêchera à la dite écluse mais toujours du plus beau ». Mention intéressante, ce plat de poisson est estimé « à 15 sols tous les mois ».

Angoulins, écluse n°6 : La bourgne de la cure

Sixième pêcherie de notre liste, celle « voisine et contigüe de la précédente, placée au S.S.O. »[82]. Elle « appartient au sieur Curé d’Angoulins » et ce d’après tous les documents étudiés ici. L’écluse à poissons est dite « abandonnée »[83]  et « en décadence »[84]  en 1727 et 1728. Un certain Henri Besson, cabaretier à Angoulins, comparait à l’audience de l’Amirauté en 1727[85] et explique être « fermier de trois écluses situées à la côte d’Angoulins (...) dont l’une appartenant au sieur curé d’Angoulins ». Son décès intervenant le 29 novembre 1727 explique peut-être pourquoi l’écluse n’est pas mentionnée « occupée » dans les listes. Selon toute vraisemblance le curé d’alors (Jacques Chauvet (1673-1736) dont le ministère va de 1708 à 1736) ne renouvelle pas de bail et le parc de pierre continue alors de se déliter. Au demeurant, les trois tableaux de 1739-1740[86] mentionnent dans les observations que l’écluse est « rétablie » depuis « environ quatre ans » (soit vers 1735-1736). Cette période semble correspondre à l’arrivée du nouveau curé d’Angoulins (Jean-Baptiste Pinet (1694-1752) dont le ministère débute en 1736 pour se terminer en 1752). C’est probablement lui qui a alors dû commanditer la réhabilitation du parc de pierres.   
Par ailleurs, seul un élément notarié nous est connu sur la pêcherie quand, le 27 mai 1757, le curé Jean-Baptiste Toutant met en ferme[87] les droits (terrages et complants, dîmes et vertes dîmes) et les terres appartenant en propre à la cure, les deux marais salants, le pré et l’écluse qui sont du bénéfice du curé d’Angoulins. L’acte laissant alors simplement entendre que l’écluse fait déjà l’objet d’une exploitation en cours : « l’écluse dépendante de la dite cure d’Angoulins dont la jouissance ne commencera cependant qu’au mardi gras prochain ». 

Angoulins, écluse n°7 : La bourgne de La Chenau

En continuant notre énumération, toujours en allant vers Châtelaillon, nous rencontrons une autre pêcherie « contigüe » et qui « est placée par le travers du port de Chenau ».  Elle « appartient au sieur Braguie, et est abandonnée »[88]. Sa localisation, semble être dans le chenal allant vers Saint-Jean du Sable, et nous plaçons donc la bourgne entre les lieux dits Les Jardinets et Courts-Cailloux. Le nom du propriétaire a, une fois encore, été écorché par l’inspecteur des pêches et les rédacteurs des listes de 1728 : Il faut, en effet, plus correctement lire « Bragneau ». Celui-ci d’ailleurs, est présent en personne en 1727 lors de la fameuse comparution des contrevenants à l’ordonnance de 1681[89]. Il s’agit en fait de Jean Bragneau ( ?-1749), un marchand et capitaine de navire rochelais qui exhibe alors un titre de propriété remontant à 1685[90]. Le procès verbal nous indique sans plus de précisions qu’il est question dans l’acte d’une maison acquise avec d’autres domaines à la barre de la cour ordinaire de La Rochelle et parmi lesquels se trouve l’écluse à l’article vingtième[91].
Une précieuse liasse[92] relative à une riche propriété d’Angoulins nous permet d’éclairer tout cela tout en suivant l’écluse au XVIIe siècle. Il nous faut revenir au 31 mars 1680 avec la déclaration de domaines[93] et héritages de David Papin marchand rochelais (« mari d’Anne Chintrier icelle héritière bénéficiaire de défunt David Chintrier sieur de Bongraine ») à la châtellenie d’Angoulins, seigneurie de Jousseran et dépendances appartenant à Jean Gabaret. A l’article dix nous retrouvons l’écluse « ou pêcherie sise à la mer confrontant d’une part au midi à la mer, d’autre part à l’orient à la Motte Garnier et joignant à une vieille bourgne en désert, une petite passée entre deux, d’autre part à l’occident à l’écluse des héritiers de feu Jean Raoul[94] et d’autre part au midi au port Vinaigre, chargée la dite écluse ou pêcherie de douze deniers de cens et devoir noble par chacun an à la recette de la châtellenie d’Angoulins sans rien de plus ». Le 12 août 1700, André Doscher, lui aussi marchand à La Rochelle, et adjudicataire des biens vendus par décret sur l’hérédité du défunt sieur de Bongraine, David Chintrier, effectue une déclaration de ses domaines[95] d’Angoulins à la seigneurie[96]. A l’article quinzième de l’acte nous pouvons lire le même descriptif que celui fait en 1680. L’écluse, avec la maison et borderie, ainsi que les domaines qui en dépendent passent alors par le biais d’hoiries de la famille Doscher à la famille Bragneau à laquelle elle est alliée et échoit ainsi à Jean Bragneau par un acte de partage[97] de 1715.
En 1739 et 1740, les rédacteurs des trois états des lieux, considérant la pêcherie et constatant sa ruine et sa nuisance pour le frai du poisson, suggèrent : « cette écluse est abandonnée et il ne serait qu'avantageux d'en empêcher le rétablissement y ayant assez d'autres » [98]. Le 24 mars 1741, l’arrentement[99] fait de la maison et borderie des héritiers Bragneau à Luc Désiré et dont dépend l’écluse ne fait pas mention de celle-ci. Cela confirme bel et bien l’abandon du parc de pierre à cette période. Par la suite, l’écluse ne semble pas être remise en activité : en 1758, elle réapparait dans le partage de succession effectué par les héritiers de Luc Désiré mais elle est simplement estimée avec un marais salant eu égard à son « mauvais état »[100]. Toujours est-il que le 12 juin 1782 elle est belle et bien rétablie : Pierre Touffereau bourgeois demeurant à Angoulins époux de Madeleine Désiré l’afferme[101] à Michel Raclaud laboureur à boeufs demeurant à Angoulins pour cinq ans et moyennant 18 livres annuellement. Il est question de la pêcherie en ces termes : « une écluse située en la mer susdite paroisse d’Angoulins confrontant au levant à une ancienne bourne appartenant aux Metereau, du couchant à l’écluse de M. le curé d’Angoulins passage entre deux, du nord à la falaise de la mer et du midi à la grande mer ». Aménageant une redevance supplémentaire en nature en plus du prix de la ferme, une clause expresse énonce : « et promet en outre et sans diminution du prix ci-dessus de donner par chacun an pour menus suffrages au dit sieur bailleur six marées quand il lui plaira toutefois par le dit bailleur avertissant le dit preneur un jour d’avance ».

Angoulins, écluses n°8 et n°9 : La Petite Bourgne et la Grande Bourgne

La huitième pêcherie à poissons « est placée dans le platin de Chastelaillon vis-à-vis l’abbaye »[102]. François Lemasson du Parc précise encore qu’elle « est nommée la petite Borgne ». Cette écluse est étroitement associée à la neuvième de notre liste qui est nommée La Grande Bourgne. Celle-ci qui se trouve « joignant et contigüe de la précédente, est nommée la grande Borgne [103]». Les deux toponymes existent toujours aujourd’hui, et valident l’emplacement que nous leur avons retenu. Cette localisation est non loin du prieuré de Sécheboue dont elles dépendent. Celui-ci relève de la commanderie de l’Ordre du Temple de La Rochelle, et c’est pourquoi les deux pêcheries sont affermées par le commandeur du Temple dans les amodiations que nous retrouvons et ainsi que l’inspecteur le remarque : la petite Bourgne « appartient au sieur commandeur de Langon[104] et est actuellement occupée par le nommé Henry Bessons[105] ». La Grande Bourgne « appartient audit sieur commandeur[106] et est occupée par ledit Bessons »[107]. En 1727, l’inspecteur des pêches indique « ceux qui tiennent les pêcheries du commandeur de Langon lui payent chaque année quinze livres pour chacune »[108]. Le procès verbal de l’Amirauté de 1727[109] est la dernière trace que nous avons de ce fermier Henri Besson (1677-1727) car il décède le 29 novembre de cette année là. A sa suite, c’est son fils Jean[110] qui détient le bail[111]. Il sous-loue, le 15 décembre 1734, « la moitié du poisson qui se pêchera dans les deux bourgnes» à Joseph Sallé (1695-1737). L’acte est passé sous seing privé[112] et même si nous ne connaissons pas la teneur exacte du contrat de sous-ferme, nous retrouvons un autre document dans lequel Joseph Sallé se fait remplacer, le 12 février 1735, par Jean Raclaud ( ?-1738) : Cette subrogation[113] nous en apprend plus sur la remise « en situation de pêcher du poisson » : « les dites bourgnes ou écluses avaient besoin comme elles ont encore d’être raccommodées étant toutes cassées pourries et rompues. Il fut convenu et arrêté entre le dit sieur Sallé et Besson qu’icelui Besson ferait raccommoder et rétablir les dites bourgnes à ses frais et dépens sans que le dit sieur Sallé y fut de rien tenu mais seulement de contribuer pour une moitié pendant la dite ferme et le dit Besson de l’autre moitié de l’entretien des dites bourgnes duquel engagement le dit Sallé charge encore le dit Raclaud qui promet de l’exécuter ». L’acte de subrogation de ferme a son terme à la Notre Dame de Mars de 1739 et c’est pourquoi les trois documents de l’Amirauté de 1740[114] citent un nouveau fermier, un nommé « Louis Gaillard » (qui peut être soit Louis-Jacques dit l’aîné (1683-1752) ou bien son fils Louis dit le jeune (1713-1758)). Notons pour l’anecdote  que si en 1739, l’écluse n’est pas jugée nuisible et que le rédacteur propose « que l’on pourrait la conserver »[115], les deux tableaux de 1740 indiquent avec plus de prudence qu’elle « peut-être nuisible pour le frai »[116].
Il faut ensuite attendre une vingtaine d’années pour constater que le destin des deux pêcheries est encore systématiquement lié dans les différentes amodiations (Plusieurs fois, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, nous relevons que le commandeur du Temple afferme «  le prieuré ou commanderie de Sécheboue (...) à l’exception toutefois du moulin à vent ainsi que deux bourgnes et écluses qui ne sont compris dans le présent bail et dont le dit sieur commandeur a disposé autrement »[117].) Le 20 décembre 1758, en effet, Jean Cyprès (1725-1762) et son épouse Marie Gilbert (1728-1784) obtiennent l’exploitation pour sept ans de « deux écluses ou bourgnes à pêcher poisson dépendantes de la dite commanderie du Temple appelées La Grande Bourgne situés à la côte d’Angoulins » [118]. Le couple s’engage à raison de 24 livres annuellement. Mais le mari meurt avant 1765, le 16 novembre 1762. Moins de trois mois après la sépulture du pêcheur, le 29 janvier 1763, la ferme est résiliée[119] : la veuve se retire, se trouvant « hors d’état de continuer la jouissance des dites deux écluses ainsi que de payer les prix de ferme et même de faire faire en icelles les réparations auxquels ils se sont obligés ». Par le même acte[120], c’est un laboureur d’Angoulins, Pierre Daubigeon (1714-1766) qui reprend la ferme aux mêmes conditions (7 ans, 24 livres / an). Il n’est pas parlé dans l’acte de la femme de Pierre Daubigeon, Marie Anne Gaillard (1713-1771). Après la mort de son époux qui survient le 14 juillet 1766, comment gère-t-elle la fin du bail qui devait prendre fin en 1770 ? Toujours est-il que nous retrouvons le 17 mars 1772, un nouveau contrat de location[121] dans lequel le farinier Louis Bertrand (1736-1774) et sa femme Marie Albert (?-1776) prennent le moulin de Sécheboue. L’acte contient aussi le bail (pour sept années moyennant 24 livres annuelles), de « deux écluses ou bourgnes à pêcher poisson dépendant de la dite commanderie appelée La grande Bourgne situé à la côte d’Angoulins ». La mention « que le dit preneur ont dit bien savoir et connaitre pour en jouir actuellement » nous précise qu’il s’agit donc d’une reconduction de ferme. Louis Bertrand décède lui aussi pendant le cours de l’exploitation, le 10 mars 1774. Deux ans plus tard, le 5 février 1776 Marie Albert renouvelle sa ferme[122] et reprend entre autres les deux bourgnes pour 5 ans à raison de 24 livres annuellement.  
Mais seule, elle n’envisage pas d’assumer la charge des deux pêcheries et nous constatons que le 22 mars suivant qu’elle en passe une sous-ferme[123] au saunier Jean Roland (1728-1780). Les deux dispositifs halieutiques « avec leurs bras » sont ainsi baillés pour cinq ans pour « 24 livres, un panier de chevrettes et un plat de poisson ». Le même jour, Jean Roland pour les « deux écluses ou bourgnes sises à la mer » qui ont «besoin de pressantes réparations les bras d’icelles étant tous démolis et parties des pierres que la mer a entrainé » désire faire « constater leurs états par un procès verbal ce jourd’hui » [124]. Accompagné de témoins et de deux experts angoulinois (René Pinet (1737-1806) et Philippe Guiborel (1727-1780)), le notaire se transporte sur les pêcheries « pour rédiger par écrit leurs observations ». Nous livrant de précieuses informations sur le coût et l’entretien de tels parcs de pêche, il retranscrit alors : « premièrement, étant arrivés à la première écluse ou bourgne, la plus près d’Angoulins il a été remarqué que le bras du côté du midi il y a le bout où il manque cinq brasses de pierres la mer les ayant emportées et a plusieurs brèches au surplus du dit bras les pierres étant à plus de dix ou douze pieds d’icelui, et à l’autre bras du côté du Nordil y a également plusieurs brèches la mer ayant emporté les pierresà plus de douze à quinze pieds d’icelui et estimé les dits experts qu’il en coûterapour réparer la dite bourgne la somme de douze livres ». Il poursuit : « de là sommes allés à une autre écluse ou bourgne appelée la Grande Bourgne où a été remarqué par les dits Pinet et Guiborel qu’il manque au bras du côté du midi trente brasse de maçonne les pierres étant toutes dispersées tant dans le dedans de la dite bourgne que dans le d’hors et à plus de quinze à vingt pieds d’icelui y ayant dans le surplus du dit bras plusieurs brèches et les pierres à plus de dix pieds d’icelui, il y a plusieurs brèches à l’autre bras et des pierres hors de leur place estimant les dits Pinet et Guiborel qu’il en coûtera la somme de trente livres ». Après le décès de sa mère Marie Gilbert (veuve Louis Bertrand) qui survient le 12 octobre 1776, Louis Bertrand fils souhaite poursuivre l’activité familiale au moulin de Sécheboue. Il passe ainsi, avec le représentant de la commanderie du Temple, un nouveau contrat de location[125] qui comprend là aussi une petite  ferme pour les deux écluses. Nous y relevons des conditions semblables aux précédentes : une durée de sept années et un prix de ferme de 24 livres annuelles. Il est toutefois aménagé un paiement semestriel avec clause d’expulsion. L’acte global (avec le moulin) ajoute qu’outre le paiement en argent, « donnera le preneur menus suffrages » parmi lesquels nous relevons  « deux plats de poisson et un panier de chevrettes » par an à la fête de Toussaint.
A la toute fin de l’Ancien Régime, le meunier fermier du moulin de Sécheboue, Côme Perrotin, ne souhaite pas jouir des deux pêcheries inclues dans le bail du bâtiment qu’il a obtenu, un an plus tôt, fin 1783[126]. Il donne alors, le 29 novembre 1784, à Jacques Besson, pour six années, en sous ferme[127], « les deux écluses ou bourgnes à pêcher du poisson dépendant de la commanderie magistrale du Temple de La Rochelle, appelées la grande bourgne, situées à la côte d’Angoulins ». La transaction est conclue moyennant un prix revu à la hausse à 36 livres annuelles ainsi que les mêmes menus suffrages que précédemment (rendus et portés à la maison du bailleur) à savoir « par chacune année, deux plats de poisson et un panier de chevrettes ». 

Angoulins, écluse n°10.

Dernière écluse repérée sur le territoire d’Angoulins, celle qui appartient à André Gaury[128], mais qui n’a pu, pour le moment, être précisément localisée. Il en est fait mention pour la première fois dans le tableau « Généralité de La Rochelle : Côtes de l'Aunis, écluses, bouchauds et pêcheries subsistantes en 1739 »[129]. Nous apprenons dans les documents de 1740,  qu’il s’agit d’une « ancienne écluse que l’on a commencé à rétablir en 1739 »[130]. Elle compte donc probablement parmi les quelques vestiges d’écluses cités dans les états de 1727-1728[131].

Châtelaillon, écluse n°11 : La Bourgne de la Garenne

Sur le territoire de la paroisse de Châtelaillon, une première écluse est localisée « vis à vis de la garenne » dans le document de 1739. Si nous en avons pas mention auparavant c’est qu’elle a été remise en état de pêche vers 1734 (« rétablie depuis environ six ans »[132]). Elle est alors la propriété du sieur « Foucaud de Salles ».

Châtelaillon, écluse n°12 : La Bourgne de la Passe

« Il y avait autrefois sur le platin de Châtelaillon une écluse de pierres et qui était placée par le travers de la passe appartenant au sieur Marteret. Elle est en décadence et abandonnée depuis environ quatre à cinq années. »[133]. Les listes de 1728[134] et le tableau de 1739[135] ne nous apprennent rien de plus, sinon une correction du nom du propriétaire en « Martray ». Il s’agit là de Nicolas Martray Par contre, les états de 1740 nous informent que l’écluse ruinée a été « rétablie » mais qu’elle a de nouveau été abandonnée et ce « depuis peu le propriétaire ayant reconnu l'avoir rétablie sans titres »[136].


Afin de compléter nos précédents écrits sur le sujet (la pêche en 1727, la cartographie des écluses à poissons en 1851 et de 1880), il nous a donc paru intéressant de dresser cet état des pêcheries à poissons à Angoulins et Châtelaillon au XVIIIe siècle. Au delà de la description formelle de ce mode de pêche et des localisations géographiques, les premiers apports issus de nos recherches en archives commencent à dessiner un des pans méconnus de l’économie angoulinoise et châtelaillonnaise de l’époque. En complétant ces données avec nos prochaines découvertes, il sera intéressant de comparer les mises en faire-valoir (les revenus, le profil des preneurs, l’évolution de la durée et du prix des fermes...) afin d’apporter une analyse plus fine de l’une des ressources de notre histoire locale.    




Article de Denis Briand


[1] (1844-1928)
[2] Il en est une qui confronte à une vigne, ce qui semblerait établir qu’elle était établie dans le coi ou ruisseau de Saint-Jean-du-Sable ou dans une prairie basse et mareyante(G. Musset)
[3] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence : EH 89
[4] article 5 du titre 3
[5] qui porte la menace d’une peine de cent livres d’amende
[6] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97
[7] ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[8] ADCM, B 5636, Lettre du 14 octobre 1738 - Notre référence : EH 93
[9] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 95
[10] ADCM, B 5634, pièce 97 - Notre référence : EH 87
[11] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94
[12] ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[13] Commentaire général dressé par Lemasson du Parc pour les écluses d’Angoulins en 1727
[14] lire Sainte-Flaive
[15] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 95
[16] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[17] AN, C 5, pièces 18 à 24
[18] ADCM, Notaire SAVARIT, 3E 1908 (liasse 1734-1735), Baillette Baron de Sainte-Flaive - Simon Brisson, 15 novembre 1734 - Notre référence : EH 2355
[19] ADCM, B 5634, pièce 97 - Notre référence : EH 87 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[20] AN, C 5, pièces 18 à 24
[21] assisté de son procureur le sieur Leborgne
[22] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence : EH 89
[23] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[24] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 95
[25] improprement nommé Pinard dans le procès verbal
[26] ADCM, B 5634, pièce 97 - Notre référence : EH 87 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[27] ADCM, Notaire SOLLEAU, 3E 1958, Arrentement Oualle-Gilbert, 26 avril 1753. Notre référence : EH 4393
[28] ces héritiers sont Françoise Massé veuve de François Bégaud, Louise Poirier veuve de Jean Massé au nom et comme tutrice de son fils mineur, et Marie Massé veuve de Simon Angoulon
[29] payable par semestre
[30] à cause de leur chapelle Sainte-Radegonde d’Angoulins
[31] AN, C 5, pièces 18 à 24 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[32] AN, C 5, pièces 18 à 24
[33] ADCM, Notaire DELAVERGNE, 3E 1663 Liasse 4, Titre nouvel Gerbier - Béraud, 22 juillet 1752 - Notre référence : EH 285
[34] Il est intéressant de noter au l’existence d’un bouchot appartenant à la seigneurie. Ces installations seront décrites ultérieurement dans nos travaux
[35] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[36] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[37] Vente Chezier-Desmarines du 14 juillet 1673 devant le notaire rochelais Teuleron (acte non retrouvé)
[38] ADCM, Notaire HIRVOIX, 3E 494, Titre nouvel Desmarines - Béraud, 29 mai 1705 - Notre référence : EH 5258
[39] ADCM, Notaire GIRARD, 3E 1871, Procès-verbal Desmarines, 10 septembre 1731 - Notre référence : EH 5254
[40] ADCM, Notaire GIRARD, 3E 1872, Titre nouvel Desmarines - Perdiraud-Lamand, 12 janvier 1732 - Notre référence : EH 5257
[41] Laurent Auguste Marie, Marie Louise Madeleine, Marie Anne Félicité Gerbier, Jean-Marie Madeleine, Jean Denis Marie et Marie sont les enfants de Jean Charles Denis Généreux Auguste Gerbier et de Madeleine Menuteau de Courchamps. Cette dernière est la nièce de Michel Desmarines en raison de son père Mathieu Menuteau de Courchamps époux de Marguerite Desmarines la soeur de Michel Desmarines.
[42] héritier de sa mère dame Judith Rancoste créancière de sa succession
[43] ADCM, Notaire HIRVOIX, 3E 494, Titre nouvel Desmarines - Béraud, 29 mai 1705 - Notre référence : EH 5258
[44] ADCM, Notaire DELAVERGNE, 3E 1663 Liasse 4, Titre nouvel Gerbier - Béraud, 22 juillet 1752 - Notre référence : EH 285
[45] ADCM, Notaire DELAVERGNE, 3E 1663 Liasse 4, Ferme Gerbier - Girard, 6 juillet 1752 - Notre référence : EH 295
[46] ADCM, Notaire DELAVERGNE, 3E 1667 Liasse 2, Ferme Gerbier - Cholet veuve Girard, 14 août 1756 - Notre référence : EH 297
[47] ADCM, Notaire DELAVERGNE, 3E 1670 Liasse 1, Ferme Gerbier - Renaudeau, 17 mars 1759 - Notre référence : EH 299
[48] Un procès verbal de visite est réalisé par la suite mais il ne concerne que la maison
[49] ADCM, Notaire DELAVERGNE, 3E 1677 Liasse 2, Ferme Gerbier - Renaudeau, 7 novembre 1766 - Notre référence : EH 318
[50] ADCM, Notaire MOREAU, 3E 59/1261, Ferme Guerry - Guichard, 7 mars 1783 - Notre référence : EH 4002
[51] AN, C 5, pièces 18 à 24 
[52] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[53] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence EH : 89
[54] Contrat passé par le notaire rochelais Billon le 22 novembre 1670 (acte non retrouvé)
[55] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence EH : 89
[56] ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2089 (Registre 1724-1730), Partage Jullien, 12 avril 1724 - Notre référence : EH 2157
[57] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1567 (1723-1725), Vente héritiers Jullien-Billoteau, 14 mai 1724 - Notre référence : EH 4489
[58] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1577 (1724), Procès verbal de la borderie Billoteau, 17 mai 1724 - Notre référence : EH 4519
[59] ADCM, Notaire GUILLEMOT, 3E 1857 (Liasse 1743-1745), Arrentement Augizeau - Maccarthy, 18 juillet 1743 - Notre référence : EH 5169
[60] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1642, Ferme Guillemin - Marchesseau, 22 juillet 1768 - Notre référence : EH 4641
[61] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1646, Exponse Guillemin - Billoteau, 27 juillet 1770 - Notre référence : EH 4765
[62] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1646, Procès verbal Billoteau, 16 août 1770 - Notre référence : EH 4764
[63] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1649, Vente Billoteau - Détriche, 14 avril 1772 - Notre référence : EH 4784
[64] ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2089 (Registre 1724-1730), Partage Jullien, 12 avril 1724 - Notre référence : EH 2157 ; ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1567 (1723-1725), Vente héritiers Jullien-Billoteau, 14 mai 1724 - Notre référence : EH 4489 ; ADCM, Notaire GUILLEMOT, 3E 1857 (Liasse 1743-1745), Arrentement Augizeau - Maccarthy, 18 juillet 1743 - Notre référence : EH 5169
[65] Nous devrions retrouver l’écluse chargée du cens dans la déclaration de domaines de Jullien x Drugeon au seigneur de la châtellenie d’Angoulins passée par Gariteau 31 mai 1698.
[66] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1646, Exponse Guillemin - Billoteau, 27 juillet 1770 - Notre référence : EH 4765 ; ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1649, Vente Billoteau - Détriche, 14 avril 1772 - Notre référence : EH 4784
[67] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1577 (1724), Procès verbal de la borderie Billoteau, 17 mai 1724 - Notre référence : EH 4519
[68] ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2085, Ferme Jullien - Labrousse et Suire, 13 avril 1698 - Notre référence : EH 2131
[69] marié en 1689 à Angoulins avec Marguerite Jocteau
[70] ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2086, Ferme Drugeon - Giraud, 22 mai 1701 - Notre référence : EH 2217
[71] ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2087, Ferme Drugeon - Pochon, 26 février 1707 - Notre référence : EH 2186
[72] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 95
[73] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[74] AN, C 5, pièces 18 à 24 ; ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96. Voir aussi dans les confrontations citées dans l’acte ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2089 (Registre 1724-1730), Partage Jullien, 12 avril 1724 - Notre référence : EH 2157
[75] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence : EH 89
[76] ADCM, Notaire GUILLEMOT, 3E 1848 (Registre 1694-1704), Ferme de la châtellenie Bruneau-Soisson, 5 novembre 1702 - Notre référence : EH 2525
[77] ADCM, Notaire CELLIER, 3E 1833, Sous-ferme d’une écluse Soisson-Suire, 24 février 1703 - Notre référence : EH 112
[78] ADCM, Notaire GARITEAU, 3E 2085, Ferme Jullien - Labrousse et Suire, 13 avril 1698 - Notre référence : EH 2131
[79] AN, C 5, pièces 18 à 24 ; ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[80] ADCM, B 5636 - Notre référence EH 95 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[81] ADCM, Notaire SAVARIT, 3E 1914 (liasse 1760-1762), Ferme Lescuyer - Brisson veuve Pinet, 12 janvier 1762 - Notre référence : EH 2841.
[82] AN, C 5, pièces 18 à 24 ; ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[83] AN, C 5, pièces 18 à 24 
[84] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[85] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence : EH 89
[86] ADCM, B 5636 - Notre référence EH 95 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[87] ADCM, Notaire SOLLEAU, 3E 1962, Ferme curé d’Angoulins - Thomas Delezay, 27 mai 1757 - Notre référence : EH 4419
[88] AN, C 5, pièces 18 à 24 ; ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[89] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence : EH 89
[90] jugement du 9 juillet 1685
[91] référence relevée in.
[92] ADCM, 1 J 92
[93] ADCM, 1 J 92, pièce 1, Déclaration de domaines de David Papin, 31 mars 1680
[94] Cette bourgne est-elle celle décrite le 20 décembre 1636 lorsque Noël Raoul effectue la déclaration de ses domaines et héritages au seigneur d’Angoulins (voir ADCM, 1 J 92, pièce 3) ? Dans ce document, outre une maison et quatre pièces de terres et vignes, il dit posséder les deux tierces parties d’une écluse «située en la dite paroisse d’Angoulins proche et joignant au port Vinaigre, d’autre part à la mer et d’un bout à la côte appelée Saint-Nazaire chargée de 30 sols de rente par chacun an à la fête de Notre Dame de Mars » (le notaire renvoie à un contrat passé par Perroy en date du 2 avril 1591)
[95] ADCM, 1 J 92, pièce 5
[96] Citons aussi qu’un droit d’écluse est déclaré par les deux propriétaires au seigneur
[97] ADCM, Notaire MARCHAND, 3E 1717 (1711-1715), Partage Bragneau du 1er mai 1715 - Notre référence : EH 4877
[98] ADCM, B 5636 - Notre référence EH 95 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[99] ADCM, Notaire BROCHARD, 3E 1891 (sous liasse 1741-1742), Arrentement Luc Déziré - Jean Bragneau x Marie Anne Audran, 24 mars 1741 - Notre référence : EH 2021
[100] ADCM, Notaire SOLLEAU, 3E 1963, Partage Désiré, 7 avril 1758 - Notre référence : EH 4427
[101] ADCM, Notaire BARRELHIER, 3E 2010, Ferme d’une écluse Pierre Touffereau - Michel Raclaud, 12 juin 1782 - Notre référence : EH 5234
[102] AN, C 5, pièces 18 à 24 ; ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[103] AN, C 5, pièces 18 à 24 mais aussi ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[104] frère Ferdinand du Langon, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et du Saint-Sépulcre, commandeur de la commanderie magistrale du Temple de La Rochelle
[105] Henri Besson, nous l’avons vu plus haut est aussi le fermier de la bourgne du Curé
[106] A noter que l’un des tableaux de 1740 comporte une erreur dans le nom du propriétaire : André Gaury est indiqué à la place du commandeur de l’Ordre du Temple de La Rochelle. cf ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94
[107] AN, C 5, pièces 18 à 24 mais aussi ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[108] AN, C 5, pièces 18 à 24 
[109] ADCM, B 5634, pièce 33 - Notre référence : EH 89
[110] nous ne connaissons de lui que la date de son mariage en octobre 1718
[111] « que le dit Besson tient de ferme de monsieur le commandeur de Sécheboue » (ADCM, Notaire SAVARIT, 3E 1908 (liasse 1734-1735), Subrogation de ferme Joseph Sallé - Jean Raclaud - Jean Besson, 12 février 1735 - Notre référence : EH 2366)
[112] nous retrouvons trace de ce SSP dans le contrôle des actes
[113] ADCM, Notaire SAVARIT, 3E 1908 (liasse 1734-1735), Subrogation de ferme Joseph Sallé - Jean Raclaud - Jean Besson, 12 février 1735 - Notre référence : EH 2366
[114] ADCM, B 5636 - Notre référence EH 95 ; ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[115] ADCM, B 5636 - Notre référence EH 95 
[116] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[117] années 1749 (EH 4372) ; 1755 (EH 4412) ; 1763 (EH 2881) ; 1768 (EH 4635) ; 1770 (EH 4755) ; 1776 (EH 4808) ; 1783 (EH 5238) ; 1787 (EH 4900).
[118] ADCM, Notaire SOLLEAU, 3E 1963, Ferme de deux écluses commandeur du Temple - Jean Cyprès, 20 décembre 1758 - Notre référence : EH 4423
[119] ADCM, Notaire SOLLEAU, 3E 1966, Résieliement et ferme de deux écluses commandeur du Temple - Marie Gilbert veuve Jean Cyprès, 29 janvier 1763 - Notre référence : EH 4450
[120] ADCM, Notaire SOLLEAU, 3E 1966, Résiliement et ferme de deux écluses commandeur du Temple - Marie Gilbert veuve Jean Cyprès, 29 janvier 1763 - Notre référence : EH 4450
[121] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1649, Ferme commandeur du temple - Louis Bertrand, 17 mars 1772 - Notre référence : EH 4785
[122] ADCM, Notaire FARJENEL, 3E 943, Ferme moulin de Sécheboue et deux écluses commandeur du Temple - Marie Albert, 10 février 1776 - Notre référence : EH 5247
[123] ADCM, Notaire MOREAU, 3E 59/1254, Sous-ferme de deux écluses Marie Albert - Jean Roland, 22 mars 1776 - Notre référence : EH 3059
[124] ADCM, Notaire MOREAU, 3E 59/1254, Procès-verbal de deux bourgnes Jean Roland, 1776 - Notre référence : EH 3060 
[125] ADCM, Notaire FLEURY, 3E 1655, Ferme commandeur du Temple - Louis Bertrand, 12 octobre 1776 - Notre référence : EH 4806
[126] ADCM, Notaire BARRELHIER, 3E 2010, Ferme commandeur du Temple - Côme Perrotin, 3 octobre 1783 - Notre référence : EH 5243. Cette location mentionne une clause stipulant que le preneur « entretiendra les dites deux écluses ou bourgnes et les laissera à la fin de la présente ferme au moins en état de servir ».
[127] ADCM, Notaire BARRELHIER, 3E 2011, Sous-ferme Perrotin à Besson, 29 novembre 1784 - Notre référence : EH 5316
[128] sans doute André Gaury (1712-1756)
[129] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 95 
[130] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[131] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96 ; AN, C 5, pièces 18 à 24
[132] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98
[133] AN, C 5, pièces 18 à 24
[134] ADCM, C 39, pièce 13 - Notre référence : EH 97 ; ADCM, C 39, pièce 6 - Notre référence : EH 96
[135] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 95 
[136] ADCM, B 5636 - Notre référence : EH 94 ; ADCM, C 39, pièce n°15 - Notre référence : EH 98